Ça faisait longtemps…
Oui ça faisait longtemps que l’on n’avait pas entendu parler de Portishead… 10 ans… et ça faisait longtemps que je ne m’étais pas « mangé » une claque musicale.
Et ça fait du bien. Bon, il y aussi des petites choses à critiquer dans leur troisième album intitulé simplement « Third ». Voyons cela en détails…
D’abord, c’est indiscutable : ils font encore avancer le Schmilblick tout en faisant référence à des groupes phares des trois dernières décennies. Je pense à une guitare à la Sonic Youth sur la 6e chanson « We Carry on », je pense aux Pink Floyd sur la 9e « Small » et je fais même plus qu’y penser… j’ai l’impression d’entendre Roger Waters jouer de la basse pendant que Richard Wright fait le zouave à l’orgue devant un David Gilmour inspiré… Parfois, j’entends des sonorités, des ambiances qui me rappellent Björk… Et bien même avec ces inspirations, Portishead a encore ouvert une brèche, une voie musicale… et je m’y engouffre avec plaisir.
Même si, à la première écoute, on trouve le dernier opus quelque peu tristounet (ce qui n’est pas faux non plus) on ne reste pas sur une image négative et on retient plusieurs concepts…
« Mon CD a un problème ou quoi ? » : on aurait tendance à l’imaginer à l’écoute de « Silence » qui commence par un sample de la voix de Claudio Sampos, maître de la capoeira de Bristol, et qui se termine en pleine montée en puissance… Brutalement !
La 2e piste « Hunter » permet à la chanteuse Gibbons de poser sa voix, chaleureusement chuchotée au creux d’une oreille attentive malgré de brefs passages de guitares torturées…
A l’écoute de la 3e chanson « Nylon smile », je m’ennuie presque. (je suis toujours à la première écoute)…
Et… Enfin… tout commence avec « The Rip » (après 2’12’’ de chanson douce que me chantait ma maman…). Lente progression vers la musique électronique jusqu’à « Plastic » : la première claque. Le bruit, les effets du « pack drums », la voix qui se raccroche à des sonorités d’une gravité qui ferait presque frissonner… autant d’éléments qui poussent à appuyer sur la touche « replay »…
Puis, 6e morceau « We carry on » : dramatique, inquiétant – presque long… Rythme lourd, voix peu rassurante et ponctuation par des guitares empruntées à Sonic Youth. Enchainement de claques jusqu’à « Deep water »… qui n’a pas grand-chose à faire là ! Ou, à la rigueur, en chanson cachée… mais bien cachée alors ! Le genre de titre qui s’écoute grâce à un phonographe… un ukulélé, et la voix nasillarde de Beth Gibbons… Mais heureusement, ce passage est court…
Oh ! Ca fait bien 1’20’’ que je ne me suis pas pris une claque ! Voici venu le temps d’écouter « machine gun » : Glacial ! Sec ! Idéal comme illustration sonore sur des images du débarquement en Normandie en 1944 ! Le batteur reproduit – non sans effets – le bruit de mitrailleuses. Pendant ce temps, Gibbons tente d’apaiser l’ambiance avec une voix qui s’envole, qui rassure… Les effets se veulent de plus en plus inquiétants jusqu’à la conclusion par une nappe de synthés dignes des années 80. A la première écoute, c’est certainement le morceau qui retient le plus notre attention… ou la mienne…
Puis « Small ». Scindée en deux : une partie « voix et violoncelle » ; et une partie musicale Pink floydesque très réussie… le son et le rythme rappellent un petit parfum des années 70.
« Magic Doors » pourrait être le single. C’est aussi l’un des titres les moins intéressants… Nous dirons que c’est une pause bien méritée. Ce titre s’enchaine à merveille avec le dernier « Threads ». Serait-ce abuser que de dire qu’à ce moment là : « ça sonne vraiment comme Portishead ? » Cet ultime morceau est grave ! Sa force dramatique est proposée en crescendo, au fil des secondes jusqu’à ce que la voix de Beth déraille… accompagnée d’une longue sirène qui rappelle les navires en détresse…
Ce disque est une référence ! Incontournable.
Et après ça : on fait quoi ? On écoute quoi ? On fait une pause ? On attend la prochaine claque ?
http://www.myspace.com/PORTISHEADALBUM3
Diabetic Polar Bear
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